

La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) est l’une des taxes qui surprend le plus les auto-entrepreneurs. Pas pendant la première année, qui est gratuite. Mais à partir de la deuxième, une facture arrive sans crier gare, et beaucoup ne l’ont pas vue venir.
La CFE est un impôt local dû chaque année par tous les micro-entrepreneurs, sauf exonération. Vous êtes exonéré la 1ère année et si votre CA n’a pas dépassé 5 000 € deux ans avant.
J’ai accompagné des auto-entrepreneurs qui recevaient leur premier avis de CFE sans avoir rien mis de côté. Le montant peut varier du simple au triple selon la commune, et personne ne vous prévient au moment de la création. Tout est gratuit ici, je vends pas de formation derrière : l’objectif, c’est que vous sachiez à quoi vous attendre avant que la facture arrive.
Pour replacer la CFE dans le tableau complet de vos charges, consultez d’abord l’article sur les frais pour les micro-entreprises expliqués.
1. Qu’est-ce que la CFE et qui doit la payer en micro-entreprise
1.1 Définition et principe de la CFE
La Cotisation Foncière des Entreprises est un impôt local qui fait partie de la Contribution Économique Territoriale (CET). Elle est due par toute personne physique ou morale qui exerce une activité professionnelle non salariée de manière habituelle en France, quelle que soit sa forme juridique.
Contrairement aux cotisations sociales, la CFE ne finance pas votre protection sociale. Elle va directement aux collectivités territoriales (commune, intercommunalité) pour financer les services publics locaux. C’est pour ça que le montant varie autant d’une commune à l’autre.
Son calcul repose sur la valeur locative des biens immobiliers que vous utilisez pour votre activité professionnelle, telle qu’elle était deux ans avant l’année d’imposition. Si vous travaillez depuis votre domicile ou chez vos clients sans local dédié, vous payez quand même une cotisation minimum fixée par votre commune. C’est le cas de la grande majorité des auto-entrepreneurs.
Toutes les conditions officielles sont détaillées sur la page CFE de service-public.fr.
1.2 Tous les auto-entrepreneurs sont-ils concernés ?
Oui, par défaut. Dès que vous exercez une activité professionnelle non salariée, vous êtes redevable de la CFE. Cela inclut les micro-entrepreneurs, les artisans, les commerçants, les professions libérales. Le statut de micro-entreprise ne vous dispense pas de cet impôt.
Il existe des cas spécifiques d’exonération permanente (artisans travaillant seul sans salarié, chauffeurs de taxi ou d’ambulance, artistes-auteurs, vendeurs à domicile indépendants), mais pour la majorité des prestataires de services, consultants, e-commerçants ou freelances, la CFE s’applique.
NB : Si vous exercez plusieurs activités sous la même micro-entreprise, c’est l’ensemble de l’activité qui est pris en compte pour le calcul de la CFE, pas chaque activité séparément.
1.3 Quel montant prévoir pour la CFE
Sans local professionnel, vous payez la cotisation minimum de votre commune. Ce montant dépend du barème voté localement et de votre chiffre d’affaires. En pratique, pour les micro-entrepreneurs avec un CA modeste, la CFE se situe souvent entre 150 € et 600 € par an selon la commune.
Les grandes villes ont généralement des cotisations minimum plus élevées que les petites communes rurales. C’est une information que vous pouvez obtenir directement auprès de votre service des impôts des entreprises (SIE) ou en consultant votre espace professionnel sur impots.gouv.fr une fois votre activité créée.
L’erreur classique que j’observe : ne pas l’anticiper dans son budget. La CFE est due chaque année, elle n’est pas incluse dans vos cotisations URSSAF, et elle n’est pas non plus prélevée automatiquement comme un versement libératoire. C’est une facture à part entière, avec sa propre échéance.
2. Les exonérations de CFE : quand vous n’avez pas à payer
2.1 Exonération la première année, réduction la deuxième
C’est la règle que tout le monde doit connaître : l’année de création de votre micro-entreprise, vous êtes totalement exonéré de CFE. Vous ne payez rien.
L’année suivante, vous bénéficiez d’une réduction de 50 % sur la base d’imposition. Vous payez donc la moitié de la cotisation normale. C’est à partir de la troisième année (la deuxième année d’imposition complète) que vous payez le plein tarif.
Concrètement : si vous créez votre activité en N, vous payez 0 € de CFE en N. En N+1, vous payez 50 % du montant normal. En N+2, vous payez 100 %. C’est à ce moment-là que beaucoup d’auto-entrepreneurs se retrouvent avec une note inattendue s’ils n’avaient pas anticipé.
2.2 Exonération si votre CA ne dépasse pas 5 000 €
Il existe une exonération permanente de CFE si votre chiffre d’affaires de l’avant-dernière année (N-2) n’a pas dépassé 5 000 €. Ce seuil est bas, mais il couvre les auto-entrepreneurs qui démarrent doucement ou qui ont une activité très partielle.
Attention : c’est le CA de l’année N-2 qui compte, pas celui de l’année en cours. Si vous avez eu un CA faible il y a deux ans mais que vous avez depuis développé votre activité, vous n’êtes plus exonéré pour cette raison.
Pour bénéficier de cette exonération la première fois, vous devez déposer la déclaration 1447-C-SD au plus tard le 31/12 de l’année de création. Je reviens sur cette démarche dans la partie suivante.
2.3 Les autres exonérations spécifiques
Certaines activités donnent droit à une exonération permanente de CFE, indépendamment du niveau de CA :
| Activité | Type d’exonération |
|---|---|
| Artisans travaillant seul (sans salarié) | Permanente |
| Chauffeurs de taxi ou d’ambulance | Permanente |
| Artistes-auteurs | Permanente |
| Vendeurs à domicile indépendants (VDI) | Permanente |
| Location meublée d’une partie de sa résidence principale | Permanente |
| Zone franche urbaine (ZFU) ou zone de revitalisation rurale (ZRR) | Temporaire (durée variable) |
Si vous pensez être concerné par l’une de ces exonérations, vérifiez votre éligibilité sur la page dédiée d’impots.gouv.fr avant de payer quoi que ce soit.
Si vous venez de créer votre activité et que vous n’êtes pas sûr de votre statut vis-à-vis de la CFE, relisez l’article sur l’inscription en micro-entreprise : les obligations fiscales de départ y sont détaillées.

3. Comment payer la CFE : démarches et échéances
3.1 La déclaration 1447-C-SD : à faire la première année
La première année de votre activité, vous devez déposer la déclaration initiale 1447-C-SD au plus tard le 31/12 de cette même année. C’est obligatoire, même si vous êtes exonéré. Cette déclaration informe l’administration fiscale de votre situation : adresse d’activité, nature de l’activité, et éventuellement absence de local professionnel.
Elle se fait en ligne depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Si vous ratez cette déclaration, vous risquez de recevoir une imposition forfaitaire qui ne tient pas compte de votre situation réelle. Autant la faire dès le départ.
Les années suivantes, vous n’avez plus à redéposer cette déclaration sauf si votre situation change (déménagement, création d’un local professionnel, changement d’activité). La CFE est recalculée automatiquement.
3.2 Date limite et modalités de paiement
La CFE est payable avant le 15/12 de chaque année. Vous recevez un avis d’imposition dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, généralement en fin d’automne. Pas de courrier papier : tout passe en ligne.
Trois modes de paiement sont disponibles :
| Mode de paiement | Comment faire |
|---|---|
| Paiement en ligne (recommandé) | Espace professionnel impots.gouv.fr, rubrique « Payer » |
| Prélèvement automatique à l’échéance | À activer avant le 30/11 sur votre espace professionnel |
| Prélèvement mensuel | À activer avant le 15/06 pour l’année en cours |
Le prélèvement automatique est la solution la plus simple pour ne jamais rater l’échéance. Vous l’activez une fois, et c’est réglé. Le paiement par chèque n’est plus accepté pour les montants supérieurs à 300 €.
3.3 CFE et déclaration de CA : ne pas confondre les deux
La CFE est une charge distincte de votre déclaration de CA à l’URSSAF. Ces deux obligations n’ont pas les mêmes échéances, ne passent pas par les mêmes plateformes, et ne concernent pas les mêmes administrations. La CFE va aux impôts, le CA va à l’URSSAF.
Ce que vous déclarez à l’URSSAF (votre CA) sert à calculer vos cotisations sociales. Ce que vous déclarez aux impôts (votre 1447-C-SD, puis implicitement votre CA dans votre déclaration de revenus) sert à calculer votre CFE et votre impôt sur le revenu. Pour bien maîtriser les deux volets, l’article comment déclarer son CA en autoentreprise fait le point complet.
Questions fréquentes sur la CFE en micro-entreprise
Quand est-ce que je commence à payer la CFE ?
Jamais la première année : vous êtes totalement exonéré. La deuxième année, vous payez 50 % du montant normal. À partir de la troisième année, vous payez le plein tarif. Si votre CA de l’avant-avant-dernière année n’a pas dépassé 5 000 €, vous restez exonéré quelle que soit l’année.
Je travaille depuis chez moi, dois-je quand même payer la CFE ?
Oui. Sans local professionnel dédié, vous payez une cotisation minimum fixée par votre commune. Ce montant est généralement entre 150 € et 600 € selon la taille de la ville. Travailler à domicile ou chez vos clients ne vous exonère pas : c’est l’activité qui est imposable, pas le local.
Comment savoir si je suis éligible à une exonération de CFE ?
Connectez-vous à votre espace professionnel sur impots.gouv.fr et vérifiez votre avis de CFE. Si vous pensez être exonéré (CA inférieur à 5 000 € deux ans avant, activité artisanale solo, ou autre cas listés), vérifiez avec votre service des impôts des entreprises. Consultez aussi l’article sur l’impôt libératoire en micro-entreprise pour avoir une vue complète de votre fiscalité.
Conclusion
La CFE est inévitable pour la plupart des auto-entrepreneurs à partir de la deuxième année d’activité. Le montant reste raisonnable si vous êtes dans une petite commune, mais il peut grimper en ville. La clé : l’anticiper dans votre budget dès la création, et vérifier si vous êtes éligible à une exonération avant de payer.
Pour continuer à structurer votre fiscalité d’auto-entrepreneur, lisez aussi l’article sur les plafonds en auto-entreprise. Et pour suivre toute l’actualité sur la gestion de votre micro-entreprise, abonnez-vous à la chaîne : FormationsMarketing sur YouTube. 🙂
Consultant en Marketing Digital pour les Entreprises depuis 2011. Créateur de Formations 100% Gratuites Et Libres d’Accès en Marketing Digital sur FormationsMarketing.fr et Youtube

A propos de Raphael Pailleret
Consultant en marketing digital depuis 2011, je partage sur ce site tout ce que j'apprends en testant moi-meme les outils et strategies : TikTok, Shopify, Facebook Ads, LinkedIn, e-commerce. Tout est gratuit, sans formation a vendre derriere.






